SINGAPOUR

Publié le par ARCHIVOX

Nous voici donc dans cette asie effrenée que nous voulions voir de plus prêt suite à notre lecture de Mutations de l'architecte - urbaniste Rem KOOLHAAS. Nous tentons de "télécharger" nos articles suivant les possibilités de connections et le temps restant.

Nous commencons notre visite par SINGAPOUR, ville-état.

« Ici, tout doit changer tous les dix ans. SINGAPOUR essaye de se donner un air nouveau, de neuf » nous dit un chauffeur de taxi. Et de continuer: " Dans les hôtels, vous ne verrez employés que de jeunes personnes. Les gens plus âgés sont dans les coffee shop". Effectivement, arrivés à l'hôtel, la moyenne d'âge de l'accueil et de la réception se situe aux alentours d'une vingtaine d'années! Un air de dynamisme flotte dans l'air. Cependant, à quelques blocs de ORCHARD ROAD, qui reste le quartier chic de référence, le quartier du «Little india » suinte une certaine pauvreté. A Singapour, on fait du shopping et on mange. L’argent est le grand moteur de tout cela, celui qui impose son rythme. On a rarement vu autant de centres commerciaux aussi proches les uns des autres. Il y en a pour tous les gouts : de luxe , branché, pour jeunes, pour vieux. Toutes les marques y sont représentées. Les typologies sont invariablement les mêmes : un atrium dès l’entrée donne toute l’ampleur de ce qui attend le visiteur. Il ne semble pas qu’il y ait effectivement de concurrence entre les centres mais plutôt, comme le dit Rem Koolhaas, une coopétition qui ressemble à un effort collectif pour la consommation. C’est ainsi que chaque singapourien se voit dans l’obligation de changer sa voiture tous les dix ans pour une nouvelle dans un souci, véritable ou affiché, de polluer moins mais aussi afin de réguler le traffic. Il n'en reste pas moins que la vision de la circulation à Singapour ressemble à une pub pour le marché automobile !
 
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Il y a une véritable envie de paraitre dans cette ville alors même que certains quartiers sont à la peine. Les contrastes peuvent être forts et l’architecture extrêmement diversifiée. Des petites maisons à R+1 majoritairement représentées à CHINATOWN aux gratte-ciels du quartier d’affaires, la ville mélange richesse ostentatoire et quartiers plus pauvres. Mais la règle d’or reste : consommer. Il y a un peu d’OSAKA dans ce type de ville opulente où le tourisme n’est pas forcené mais plutôt tourné vers qui a de l’argent.

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Singapour se donne d’un coup et n’est que ce qu’elle parait être. Une ville très chère pour les Singapouriens voire impossible pour nombre de Malaisiens. SINGAPOUR est dans le paraitre et la parure est belle. 
 
Urbanistiquement, hormis ORCHARD ROAD qui reste la rue de la consommation, un immense mall à ciel ouvert, l’intérêt de la ville se situe aussi dans son rapport avec l’eau puisqu’une rivière la traverse et que les quais sont traités. C’est autour de l’eau que le quartier d’affaires a établit domicile et la vue de nuit est absolument grisante et fait alors penser à un petit Manhattan.  

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C’est aussi dans ce quartier que Richard ROGERS a construit la Supreme Court of justice où l’on peut voir, dans le hall, sur un écran et au milieu des news et des indices NASDAQ, les audiences et les numéros des salles correspondantes. Drôle de sensation où tout est en équivalence.  Le bâtiment de ROGERS est, bien entendu, extrêmement bien calepiné et un immense hall sur la hauteur du bâtiment rappelle, s’il le fallait, que les atriums sont une typologie courante à SINGAPOUR ; s’il n’était le vide du hall que seules quelques personnes traversent et une certaine sévérité de traitement (inox, verre, etc.) rappelant l’institution, l’idée du centre commercial émergerait de nouveau. La soucoupe surplombant le bâtiment ne correspond à aucune typologie et il est dommage qu’elle n’ait pas été utilisée pour une cafétéria en lieu et place de celle située en RDC.  Elle offre une vue absolument magnifique sur la rivière et le quartier d’affaires. 

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Curieusement d’ailleurs, l’urbanisme ne sert pas ici à mettre en valeur les bâtiments car là encore il règne une espèce d’équivalence des bâtiments dont l’importance est finalement portée par l’architecture et notamment par la verticalité. Ici l’architecture prime. Chaque bâtiment crée son espace urbain, se relie aux autres réseaux tant bien que mal et crée des « poches » de vide qui sont très vite remplis par des stationnements ou reste en l’état.
 
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